Culture sur butte : les avantages et inconvénients

La culture sur butte est une technique phare de la permaculture. À l’origine, elle était utilisée par de nombreux peuples dans le monde pour produire de la nourriture, notamment en Amérique Latine, en Afrique, en Australie et en Asie. Toutefois, le choix de ce procédé ne peut être efficace qu’en fonction de son contexte.

Voici comment appréhender la culture sur butte dans votre jardin.

Les avantages de la culture sur butte

La culture sur butte a été démocratisée par Sepp Holzer, un agriculteur autrichien (Hügelkultur en allemand). La butte est en fait un terme générique, qui désigne un monticule de terre pérenne. Elle permet de créer un support de culture adapté à des contextes et objectifs propres à chaque jardinier.

Il en existe plusieurs typologies variées en termes de formes, de hauteurs, de bordures et de compositions interne : il y a autant de sortes de buttes une de permaculteurs !

Selon leur type, les buttes sont constituées d’un empilement de différentes couches de matériaux organiques locaux : planches ou rondins de bois, pierres, briques, résidus de tailles d’arbres, tontes, déchets de cuisine…Généralement, on les sépare en creusant des allées allant de 30 à 50 cm de large.

La surélévation de la terre permet, dans certains contextes, d’offrir une multitude d’avantages que nous allons voir.

Un sol drainé et fertile

En créant du relief, on augmente la surface cultivable. Contrairement à une surface plane, on peut planter sur les côtés de la butte et au sommet de manière plus serrée. La butte permet également d’obtenir plus de profondeur de terre meuble, offrant une structure aérée au sol. Les plantes disposent de plus d’espace pour développer leurs racines, et les différentes espèces se retrouvent moins en concurrence.

Autre avantage : la surélévation de la terre favorise le drainage des eaux de pluie et autres eaux stagnantes. On évite ainsi la saturation du sol en eau, néfaste pour la plupart des cultures (pourrissement des racines).

Qu’elle soit permanente ou temporaire, la butte définit un espace délimité pour les cultures, et empêche ainsi de les piétiner. En évitant de marcher sur ces zones, la terre n’est pas compactée lors des divers travaux de jardins (désherbage, transplantations, récoltes, etc). En effet, le compactage du sol entraîne une saturation du sol en eau et une mauvaise aération, responsables de nombreux désordres : racines entravées, asphyxie des plantes et de la microfaune, diminution du rendement…

Favoriser l’effet de bordure

Dans la nature, on observe ce qu’on appelle « l’effet de bordure ». Lorsque deux habitats naturels se côtoient dans un écosystème, ils interagissent et offrent de nombreux avantages à la faune et la flore qui les occupent. Ces lisières sont donc des milieux très riches en biodiversité : clairières, bords de talus, de fossés, de rivières et plans d’eau, canopée…

Ainsi, sculpter son jardin et lui donner du relief favorise l’effet de bordure. La confection d’une butte crée des microclimats sur un espace restreint, permettant l’installation de diverses cultures dans des endroits appropriés à leurs besoins.

Les avantages pour l’homme

La surélévation du niveau du sol permet un réchauffement plus rapide par les premiers rayons de soleil printaniers. Le haut de la butte bénéficie d’un ensoleillement plus important sur la journée, ce qui permet de cultiver plus tôt au printemps et tout au long des saisons. Enfin, cultiver en hauteur sollicite beaucoup moins le dos : parfait pour les jardiniers infatigables !

Les inconvénients de la culture sur butte

La culture sur butte est chronophage et demande de l’énergie à sa mise en place, et nécessite la force des bras ou d’engins mécanisés. D’autres systèmes, comme le potager-lasagnes ou le paillage sont plus faciles à mettre en place. Il faudra donc s’assurer de la pertinence de ce système dans votre jardin avant de vous lancer dans sa réalisation !

Un entretien conséquent

Plus exposée au vent et au soleil, une butte sèche plus vite (notamment en été) et aura donc tendance à s’affaisser au fil des mois. Pour assurer la fertilité du sol, il faudra maintenir un apport régulier en nutriments par des amendements en matières organiques diversifiées et des couvertures de sols (paillage).

Il est également fortement conseillé d’appliquer une rotation des cultures. En effet, la monoculture peut avoir tendance à appauvrir le sol à force d’y planter les même espèces, entraînant la multiplication de parasites.

Un contexte à étudier

L’un des principes fondamental de la permaculture est de cultiver en fonction de l’environnement. Dans certains contextes, la culture sur butte peut donc s’avérer contre-productive. Par exemple, un climat méditerranéen entraînera une évaporation trop importante sur le haut de la butte et donc une mauvaise rentabilité !

Maintenant que vous en savez plus sur cette pratique, il faut tout de même préciser que ce n’est pas parce qu’on aménage des buttes dans son jardin que l’on fait de la permaculture. Cette dernière est un concept global respectant des principes et modes de pensées ; la culture sur butte n’est qu’un moyen d’y parvenir selon un contexte précis.

Pour savoir si cette technique conviendrait dans votre potager, définissez vos objectifs, observez l’environnement de votre jardin (type de sol, climat, moyens physiques, etc) et comparez-le aux contextes recommandés pour les principales techniques de buttes. N’hésitez pas à faire appel à des spécialistes de l’éco-conception paysagère !