Les grands principes de la permaculture

Plus qu’une façon de jardiner, la permaculture est une philosophie. Ce mouvement, né dans les années 70 en Australie, est le pionnier de modes de vie durables et respectueux de l’environnement. A l’heure ou cette pratique se démocratise de plus en plus, comprendre ses fondements est la meilleure manière de se l’approprier au quotidien.

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Une philosophie éthique

La permaculture provient de la contraction des mots « agriculture » et « permanente ». Il s’agit d’un mode de culture qui vise à reproduire un écosystème naturel, respectueux de tous les êtres vivants et qui s’inscrit dans la durabilité. Ce mouvement se veut être le contraire de l’agriculture intensive. Il est né d’une volonté de ne plus corriger un système devenu artificiel et stérile, au profit de ce que nous offre la nature ! En d’autres termes : cultiver autrement !

Autonomie, autosuffisance et résilience sont les termes définissant le mieux les systèmes permaculturels. L’harmonie des écosystèmes est assurée par les interactions naturelles entre les espèces, chacune ayant un rôle à jouer. Ainsi, le sol est nourri par les plantes qui y poussent et meurent, les arbres et arbustes protègent les niveaux inférieurs du soleil et du vent, et tous les végétaux présents sont adaptés au climat.

Le jardinier ne pratique pas le désherbage, n’utilise aucun pesticide ni engrais chimique. Il privilégie le recyclage de la matière organique au lieu de créer des déchets. L’interdiction imminente des produits phytosanitaires chez les particuliers est une raison de plus de se tourner vers des pratiques plus écologiques !

Ce mode de pensée holistique comprend une dimension philosophique, conceptuelle et éthique. Elle se base sur 3 piliers :
• Des valeurs éthiques et universelles,
• 12 principes fondamentaux,
• Des techniques et outils adaptés selon un contexte local.

Ces 3 piliers s’appliquent de manière concrète sur un schéma, qu’on appelle la fleur permaculturelle. On y retrouve les éthiques et principes au centre comme le cœur de notre réflexion, et chaque pétale autour correspond à un domaine d’application (habitat, santé et bien-être, économie…). Enfin, la spirale symbolise le fait de commencer à petite échelle (faire pousser son potager, jardins partagés, etc), pour arriver à déployer la permaculture à un niveau plus large (associations, collectifs, villes, etc).

Les valeurs éthiques de la permaculture

• Prendre soin de la terre, c’est-à-dire se préoccuper du vivant,
• Prendre soin des humains, en impliquant notre responsabilité personnelle,
• Redistribuer le surplus généré, c’est-à-dire partager les ressources équitablement.

Ces principes proviennent de travaux de recherche sur les bases éthiques des communautés et peuples vivant en harmonie avec la nature (tendre vers un avenir durable implique de modifier nos normes culturelles actuelles). Ils sont le fil conducteur des comportements à adopter en permaculture, essentiels pour encadrer nos actions du quotidien, et en impliquant notre responsabilité morale.

Des techniques et outils adaptés

La permaculture compose avec ce que nous offre la nature, et privilégie donc des méthodes adaptées au contexte local. Pour créer des écosystèmes autosuffisants, on utilise différentes techniques de jardinage spécifiques :
• Le compagnonage des plantes, les plantes compagnes et auxiliaires…
• Le paillage au sol,
• La culture sur butte,
• Les planches de culture,
• Le potager-lasagnes…

Quelques outils simples permettent de gérer facilement les ressources naturelles, comme le récupérateur d’eau de pluie ou le composteur.

Les principes de la permaculture

Si vous vous intéressez à la permaculture, vous avez sûrement déjà entendu parler de ses piliers fondamentaux, sans peut-être vraiment les comprendre. Ils proviennent tout droit du livre « Permaculture : principes et pistes d’actions pour un mode de vie soutenable », écrit par l’un des fondateurs, David Holmgren. Dans cet ouvrage, il théorise 12 piliers fondamentaux de la discipline.

En réalité, chaque permaculteur peut développer son propre système : c’est pourquoi on retrouve des approches et formulations très diverses. De son côté, Bill Mollison a énoncé 9 principes. Ils sont basés sur son expérience, après avoir créé une communauté permaculturelle et autosuffisante en Tasmanie.

Les principes selon Bill Mollison

1. Prévoir l’efficacité énergétique : capter et stocker l’énergie de façon optimale,
2. Penser l’emplacement des éléments, pour créer des interactions bénéfiques entre les espèces,
3. Valoriser et entretenir les zones de bordures, riches en biodiversité,
4. Chaque élément remplit plusieurs fonctions, afin d’assurer un écosystème performant et rentable,
5. Chaque fonction est assurée par plusieurs éléments, afin d’obtenir un système résilient face aux perturbations,
6. Travailler avec la nature, et non contre elle : l’essence de la permaculture est l’observation et l’imitation de la nature afin de collaborer avec elle.
7. Penser chaque changement opéré en fonction de son effet, en pensant à l’impact produit sur le système.
8. Le problème est la solution : la connexion entre les éléments permet de relier l’élément qui pose problème à un autre, qui deviendra la solution.
9. Tout jardine : chaque action, aussi infime soit-elle, aura une incidence sur le système global.

Appliquer les principes de la permaculture au quotidien

Pour finir, il est important de préciser que la permaculture ne se pratique pas qu’au jardin. Elle est accessible à tous, des jardiniers amateurs à ceux qui souhaitent simplement vivre de manière plus écologique !

En vous inspirant de ses grands principes, vous pouvez les adopter à travers des actions simples au quotidien : cultiver vos fruits et légumes, créer un compost, apprendre à reconnaître les plantes sauvages, aménager un poulailler, acheter d’occasion, réutiliser vos emballages, manger local…

Maintenant que vous comprenez mieux le concept, découvrez 10 conseils pour débuter en permaculture.

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