Les plantes auxiliaires, l’atout du jardinier

Les plantes auxiliaires, aussi appelées plantes relais, sont des espèces végétales qui jouent un rôle primordial dans la lutte biologique. En attirant les insectes auxiliaires, ces végétaux permettent de lutter contre la prolifération de parasites. Elles constituent ainsi une alternative très intéressante à l’emploi de pesticides chimiques.

Découvrez dans cet article les vertus incroyables de ces plantes, et comment utiliser leurs atouts au jardin.

Plantes auxiliaires et lutte biologique

L’utilisation des auxiliaires découle de la méthode des cultures associées, autrement dit le compagnonage des plantes. Il s’agit d’associer différentes espèces végétales afin de favoriser leurs interactions ; certaines ont des effets bénéfiques entre elles, et complètent ainsi mutuellement leurs besoins.

Si certaines plantes compagnes favorisent la croissance de leurs voisines ou éloignent les nuisibles, d’autres attirent certains insectes qui vont naturellement réguler les espèces via la chaîne alimentaire.

La lutte biologique

Aussi appelées plantes compagnes ou plantes relais, les auxiliaires constituent la base de la lutte biologique. Cette dernière est une méthode de lutte contre les nuisibles, tels que les ravageurs de cultures, les maladies et les mauvaises herbes. Pour ce faire, on utilise des organismes vivants antagonistes, appelés agents de lutte biologique.

L’avantage de cette technique est de ne pas avoir recours à des pesticides, ni aucune autre substance chimique. Il s’agit, en accord avec les grands principes de la permaculture, d’accepter de ne pas supprimer la totalité des parasites. On cherchera plutôt à composer avec la nature et non contre elle, en tolérant quelques attaques.

La lutte biologique rétabli ainsi les équilibres naturels, et élimine le stress chimique des plantes, souvent fragilisées par les traitements chimiques. On supprime les risques pour l’environnement, mais aussi pour les humains qui manipulent ou respirent ces produits.

Qu’est-ce qu’une plante auxiliaire ?

Une plante auxiliaire est un végétal qui va accueillir les insectes auxiliaires dans le jardin. Ces derniers sont les prédateurs de nombreux ravageurs, et permettent ainsi de limiter leur propagation. La plupart de ces insectes vivent naturellement dans nos jardins : inutile donc d’en introduire, au risque d’obtenir des espèces envahissantes (comme la coccinelle asiatique, par exemple).

En voici quelques-uns :

  • La célèbre coccinelle et leurs larves, qui raffolent des pucerons,
  • Les carabes, prédateurs des limaces, escargots, pucerons, larves de taupin ou chenilles.
  • Le staphylin odorant, prédateur des escargots, limaces et leurs œufs, larves et parasites.
  • La guêpe, prédatrice des pucerons et chenilles,
  • Les punaises, prédateurs des psylles, pucerons, acariens, cochenilles…

Les auxiliaires constituent une méthode curative, mais aussi préventive. Les insectes géreront les invasions avant même qu’elles n’aient lieu. Un gros travail en moins pour les jardiniers ! Plus largement, le mélange des espèces végétales au jardin favorise l’accueil des auxiliaires naturels. Favoriser au maximum la biodiversité permettra d’attirer les ravageurs, et par extension leurs prédateurs.

Le plus difficile sera de laisser faire la nature (ne pas intervenir lorsqu’on constate une attaque), et d’être patient : un écosystème équilibré prend plusieurs années à se mettre en place !

Quelles plantes auxiliaires utiliser pour mon jardin ?

La nature est bien faite : pour chaque insecte auxiliaire que l’on souhaite attirer dans son jardin, il existe une plante pour l’accueillir. Certaines possèdent d’autres vertus complémentaires.

Voici quelques plantes auxiliaires facilement accessibles :

  • L’artemisia accueille les abeilles, qui éloigne les mouches, les moustiques et doryphores.
  • Le soucis accueille les chrysopes et les syrphes, qui éloignent les aleurodes, nématodes, pucerons, acariens, psylles, cochenilles, thrips…
  • L’achillée accueille les chrysopes et les syrphes, qui dévorent les acariens, les psylles, aleurodes, cochenilles et pucerons. Elle renforce également lé résistance des plantes voisines, et améliore le compost.
  • L’aster accueille les hémérobes, les syrphes et les coccinelles, utiles contre les pucerons et acariens.
  • La lavande accueille les hémérobes, les syrphes, coccinelles, pollinisateurs et oiseaux qui chassent les fourmis, mites nocturnes, limaces…

Les plantes mellifères

On retrouve également les plantes mellifères, qui ont un pouvoir d’attraction sur les insectes pollinisateurs. Ces derniers sont responsables de la reproduction de la majorité des végétaux, essentielle pour la fructification de fruits et légumes. Les pollinisateurs sont également de fabuleux auxiliaires.

Plantez des fleurs pour les attirer, ou quelques plantes mellifères :

  • L’Échinacée
  • La lavande
  • La Solidago (verge d’or)
  • La mélisse officinale
  • L’achillée millefeuille

Plantes répulsives et sacrifiées

En complément des plantations d’auxiliaires, il est possible d’associer des plantes répulsives, voire « sacrifiées ».

Les plantes répulsives possèdent des propriétés insectifuges, et dégagent naturellement des odeurs désagréables pour les indésirables. Certaines attirent même les insectes bénéfiques, tout en procurant à votre jardin une défense naturelle efficace.

Voici quelques espèces répulsives :

  • La coriandre (pucerons, doryphores, acariens)
  • Le fenouil (pucerons, limaces, escargots)
  • Aneth (acariens, pucerons)
  • Absinthe (pucerons)
  • Menthe (pucerons, punaises, fourmis)

Quant aux plantes sacrifiées, elles sont cultivées à une certaine distance des cultures dans le but d’attirer les ravageurs. Cela permet de les détourner des plantations principales (potager), mais aussi de fournir une source de nourriture pour les insectes utiles.

Voici quelques exemples :

  • La moutarde attire le papillon blanc des choux,
  • La capucine attire les pucerons,
  • L’aubergine attire les doryphores,
  • Les choix gras attirent les mineuses.

Vous l’aurez compris, la lutte biologique est une gestion holistique du jardin, qui nécessite du temps pour être efficace. En outre, l’interdiction imminente des pesticides chimiques pour le grand public va dans ce sens ; lorsqu’on connaît les dangers de ces produits sur l’environnement et la santé, une nouvelle conception du jardinage n’est-elle pas essentielle ?