Qu’est-ce que le compostage de surface ?

En permaculture, il est d’adage d’utiliser et de réutiliser ce qui est présent dans son potager. Le compostage de surface en est un très bon exemple. Les déchets créés au sein d’une maison ou dans le jardin seront utilisés en matière organique pour aider à la croissance des plantes.

Voyons plus en détails la technique du compostage de surface, ses différents bienfaits et comment le mettre en place au sein d’un potager.

Définition du compostage de surface

Le compostage de surface, c’est reproduire soit même ce que fait la nature. Les matières organiques et les végétaux viendront recouvrir le sol du potager. Ces déchets se décomposeront au fur et à mesure et serviront à fertiliser la terre.

Ce type de compostage vient remplacer le compost en tas ou via un composteur. Mais contrairement à son nom, il ne s’agit pas à proprement parler d’un compost. Son processus de dégradation des matières organiques n’est pas le même. La fermentation ne se faisant pas grâce à la hausse des températures.

Il se rapproche ainsi plus de la technique du paillis, aussi appelé mulch. Les déchets sont étalés à même le sol, au pied des plants et la couverture organique sera alimentée au fur et à mesure. La finalité étant d’enrichir le sol.

Les bienfaits du compostage de surface

Mettre en place un compost de surface dans son jardin offre plusieurs avantages :

  • Avoir une bonne qualité de terre : en rajoutant une couche de paillis en été, le compostage permet de se passer d’engrais. La qualité du sol s’améliorera naturellement et deviendra facile à travailler ;
  • Augmente la vie dans le sol : les déchets permettent le développement de micro-organismes et de vers de terre, essentiels pour la biodiversité. La propagation de maladies et les attaques de ravageurs seront plus rares ;
  • Demande moins de travail : contrairement à un compost classique, il n’est pas nécessaire de couper les mauvaises herbes, de retourner la terre ou d’arroser.
  • Remplace le paillage : en plus de couvrir le sol, le compostage de surface fertilise le sol et empêche la pousse de mauvaises herbes. Il protège aussi les cultures face aux intempéries.

On notera cependant deux inconvénients :

  • Le côté inesthétique du compostage, qui peut être résolu en rajoutant une couche de paillis pour cacher les restes de déchets ;
  • Le compostage génère une « faim d’azote » après sa mise en place. Pour contrer ce risque, vous pouvez ajouter du purin d’ortie.

Comment faire un compost de surface ?

Commencer un compost de surface

Il est possible de le commencer tout au long de l’année. Néanmoins, il y a deux périodes de l’année qui sont plus propices au compostage :

  • Directement après la récolte : lorsqu’un légume arrive à maturité et qu’il peut être récolté, il suffit de couper les tiges et de les disperser en petits morceaux ;
  • Pendant l’automne : avant la période hivernale, utilisez des feuilles mortes et les déchets végétaux pour préparer votre potager à l’hiver.

Réussir son compostage

Plusieurs éléments permettent la réussite d’un compostage de surface :

  • Maintenir un bon équilibre des déchets : il est important d’avoir un mélange équilibré entre déchets verts (riche en azote) et déchets bruns (riches en matière carbonée). Cet équilibre permet de laisser circuler l’air et l’eau ;
  • Garder une bonne aération : à l’inverse d’un compost classique, celui de surface n’a pas besoin d’être retourné. Cependant, il a besoin d’air, sans quoi la décomposition s’arrête ;
  • Créer une couche externe : rajouter une fine couche de paille permet de maintenir un bon taux d’humidité dans le compostage.

Les déchets utilisables

Selon les périodes de l’année, vous pourrez utiliser différents déchets d’origine végétale. Contrairement à un compost normal, il faudra veiller à l’équilibre entre les matières azotées et les matériaux bruns.

  • Les restes de légumes : à la fin de la récolte, vous pouvez utiliser les tiges, mais aussi les fanes de vos légumes (tomates, choux, carottes…) ;
  • Les tontes de pelouse : elles doivent être sèche avant utilisation et mises en couche fine ;
  • Les mauvaises herbes et les feuilles mortes : pensez à enlever les mauvaises herbes avec des graines, celles-ci pourraient repousser ;
  • Du BRF (bois raméal fragmenté) : il provient principalement du broyage d’arbres et de petits arbustes;
  • Les déchets de cuisine : vous pouvez utiliser les déchets végétaux (épluchures de légumes, restes de repas..), les coquilles d’œufs ou encore le marc de café.

Mettre en place le compostage de surface

Lors de la première mise en place d’un compostage de surface, il faudra commencer par aérer la terre à l’aide d’une fourche . Ceci a pour finalité de déranger le moins possible le sol.

Procéder aux étapes suivantes pour une nouvelle culture :

  • Utilisez une tondeuse pour broyer les déchets végétaux ;
  • Mettez les déchets végétaux et autres résidus verts entre les plants. Essayez de varier le plus possible les matières organiques afin d’avoir un compost équilibré ;

L’épaisseur de la couche végétale variera selon la consistance des déchets :

  • Faible épaisseur, entre 2 et 3 cm, pour les déchets fins et humides tels que la tonte de pelouse ;
  • Grosse épaisseur, jusqu’à 10cm, pour les déchets de légumes.

Après quelques années de pratique, la terre de votre potager restera meuble rendant le travail de votre sol beaucoup plus facile.