La technique du mulch en permaculture

Couvrir le sol avec divers matériaux organiques est une technique de base en permaculture. Cette couverture, appelée le mulch, peut être d’origine végétale, minérale ou synthétique. En recouvrant le sol de ces matériaux, on crée un écosystème résiliant et une terre plus fertile.

Découvrez dans cet article en quoi la technique du mulch est avantageuse pour votre jardin.

Le principe du « mulching »

Dans la nature, les sols nus n’existent pas. En cherchant à imiter les écosystèmes naturels, la permaculture puise son savoir des forêts. En effet, le sol forestier est l’un des plus fertiles qui soit : humifère, vivant, il est recouvert de bois et de feuilles qui nourrissent la terre. En se basant sur ce même principe, le mulching permet d’améliorer considérablement la qualité du sol.

Pour ce faire, on utilise une couche de matériaux d’origine organique, minérale ou synthétique. On distingue 2 types de mulchs :

  • Ceux qui vont fertiliser et agrader le sol, comme les paillis végétaux,
  • Ceux qui vont uniquement protéger le sol sans lui apporter de nutriments supplémentaires, comme les bâches ou les mulchs minéraux.

Avantages et inconvénients

Le mulchage présente de nombreux avantages :

  • Les matières organiques enrichissent et améliorent la structure du sol, en se décomposant notamment grâce au travail de la microfaune.
  • La couverture empêche l’eau de s’évaporer, et préserve ainsi humidité de la terre. De ce fait, le mulch restreint les besoins du jardin en arrosage !
  • La couche végétale empêche la lumière de passer, limitant la pousse des adventices, qui pourraient concurrencer vos plantations.
  • Mulcher préserve également le sol de l’érosion : en tombant, la pluie désagrège les particules de surface et les agglomère sous forme de croûte, appelée « croûte de battance », ce qui peut affecter la perméabilité du sol.

De manière générale, un sol couvert est moins soumis aux températures extrêmes. Il est notamment préservé de l’eau, limitant de phénomène d’érosion, mais aussi du soleil, qui a tendance à stériliser la terre sur les premiers centimètres. Le mulch crée ainsi des microclimats, rendant le sol fertile et autonome !

Le mulching peut aussi être source de quelques inconvénients, notamment attirer quelques rongeurs et limaces. Couvrir la terre ralentit son réchauffement au printemps ce qui peut freiner la pousse de certaines plantations. Le manque de lumière a également tendance à ralentir la levée des semis.

Toutefois, ces inconvénients peuvent être facilement palliés par :

  • Le choix des matériaux,
  • Le timing : quand mettre le mulch et quand l’enlever,
  • Les endroits où il faut mulcher ou non,
  • L’épaisseur, etc.

Mulch ou paillis ?

Les deux termes peuvent être employés. En soi, le mulch est un terme générique qui englobe toutes les techniques de paillages. Parmi elles, le paillis désigne une couverture à base de paille, et représente essentiellement les paillages végétaux et minéraux.

Comment réaliser un mulch ?

Tout d’abord, il faudra choisir la composition de votre mulch parmi ces 3 types :

  • Le mulch organique : il peut être composé de toutes sortes de débris de végétaux : tontes d’herbes séchées, feuilles mortes, BRF (bois raméal fragmenté), paillette de lin…
  • Le mulch minéral : on y retrouve la pouzzolane, les galets, le paillis d’ardoise, la brique broyée… Plutôt esthétique, ce mulch est le plus durable, mais aussi le plus onéreux. Il est également plus compliqué à mettre en œuvre sur de grandes surfaces.
  • Toiles et feutres : il peut s’agir de toile végétale tissée, de feutre, de carton ou de film plastique. Ces tissus protègent le sol, et retiennent la terre sur des terrains en pente. La toile en plastique permet de réchauffer plus rapidement le sol, et ainsi de semer plus tôt dans la saison.

Le choix du mulch se fait en fonction des besoins du site, et des ressources accessibles à proximité. Il dépendra également du type de sol, et des plantations à protéger.

La composition : quels matériaux choisir ?

Dans une démarche permaculturelle, réutilisez les matériaux qui vous entourent. Vous pouvez ainsi utiliser des restes de tonte ou de tailles d’arbres et arbustes, des mauvaises herbes, des feuilles mortes, de la paille… On peut également déposer ses restes de cuisine, sous forme de compostage de surface.

Néanmoins, faites attention à la quantité de matière verte et fraîche, qui risque d’attirer limaces et petits rongeurs en se décomposant. Comme pour un compost, il faut veiller à l’équilibre azote (matière verte) et carbone (matière sèche). Le bon ratio s’élève à 2/3 de matière carbonée, pour 1/3 de matière azotée.

Les amendements destinés à nourrir le sol pourront être broyés au préalable, afin d’en accélérer la décomposition. Plus le matériau est grossier et aéré, plus le paillage pourra être épais (5 cm ou plus). Les matériaux plus fins seront répandus sur 1 cm maximum.

Au début du printemps, préparez et travaillez le sol : décompactez la terre à l’aide d’outils adaptés n’impactant pas la microfaune. Vous pouvez déposer une première couche d’engrais vert, de compost ou de fumier. Laissez le sol se réchauffer : les premiers semis se lèveront, avec quelques herbes spontanées.

Au cours de l’été, vous pourrez étaler ces matériaux tout autour de vos cultures. A l’automne, une couverture organique protégera le sol des intempéries de l’hiver (pluies, gel) et nourrira les micro-organismes.