Aménager un jardin en permaculture

L’aménagement d’un jardin traditionnel mêle des critères pratiques et esthétiques. En permaculture, c’est un peu plus complexe : on s’inspire de l’organisation au sein de la nature. On cherchera donc à optimiser l’interaction entre les espèces, la gestion des ressources et l’autonomie des plantations.

Découvrez tous nos conseils et méthodes pour aménager votre jardin en permaculture.

Aménager ses cultures

En permaculture, l’aménagement du jardin s’appelle le design. Que vous transformiez un lieu existant ou qu’il s’agisse d’une toute nouvelle création, il est impératif de délimiter l’espace en différentes parcelles.

Le principe du zonage

Le principe du zonage, ou zoning, correspond à l’intensité d’utilisation d’un site. Cette méthode vise à découper le terrain en différentes zones d’activités afin d’optimiser le travail sur place. Plus elle est intense, plus elle devra se rapprocher de votre lieu de vie, qui correspond à la zone 0.

• La zone 1 est donc la plus proche de votre maison, celle où vous vous rendez le plus fréquemment. Elle concerne l’espace détente, la terrasse mais aussi le potager aux récoltes régulières (salades…), les plantes aromatiques, la serre, le compost, etc.
• La zone 2 est l’emplacement dédié aux petits animaux (poulailler, bassins, ruches etc). On y retrouve également des cultures nécessitant un entretien régulier, les fruitiers et haies fruitières, le reste du potager… Généralement, les milieux urbains ne vont pas au-delà de cette zone.
• La zone 3 contient les animaux de taille moyenne, les cultures de céréales ou de fourrage, les pâtures, les étangs…
• La zone 4 est un espace semi-sauvage, qui nécessite peu d’interventions. Il peut s’agir de surfaces pâturées et boisées, où le lieu d’accueil des grands animaux de ferme.
• La zone 5 correspond à la zone sauvage, où votre intervention est quasi nulle : forêt, marais… On la dédie principalement à l’observation de la vie sauvage.

Bien entendu, ce système dépend de la taille de vos espaces verts et de vos besoins. L’objectif est d’organiser votre jardin de façon la plus efficace possible, afin d’économiser du temps et de l’énergie.

La culture a étages

Chaque zone contient différents niveaux de végétation, appelés des strates. On y retrouve, par ordre croissant :
• Les plantes couvre-sol : elles se propagent horizontalement et tapissent la terre, formant une couverture naturelle favorable à l’humus.
• Les herbacées : il s’agit de plantes vivaces ou perpétuelles, les graminées, les plantes médicinales et les herbes aromatiques.
• Les arbrisseaux, petits et grands arbustes : cette végétation est utilisée pour protéger les cultures du vent, abriter la faune sauvage et réguler les températures. Il s’agit d’une strate intéressante pour la production de petits fruits.
• Les plantes grimpantes, comme la vigne, le kiwi, les lianes, l’épinard grimpant…
• Les arbres fruitiers, en plus de leur vocation comestible, ils sont des pollinisateurs ou de bons fixateurs d’azote.
• Les grands arbres : en agroforesterie, les arbres apportent de l’ombre et nourrissent le sol, en fixant les nutriments grâce à leurs racines et par les feuilles mortes qui se décomposent dans la terre.

Dessinez votre plan de jardin

Pour concevoir votre plan, nous vous conseillons d’observer votre jardin pendant toute une année afin de voir son évolution à chaque saison. Puis, dessinez vos parcelles en suivant quelques règles de bon sens :
• Identifiez les vents dominants, et placez des haies bocagères ou vos arbres fruitiers sur les bords du jardin pour le protéger.
• Placez les différents éléments (compost, potager, verger, animaux etc) selon leur fréquence avec la technique du zonage, mais aussi en fonction de leurs besoins en ensoleillement.
• Cultivez un maximum de diversité sur un minimum d’espace. En effet, plus les plantes se touchent, plus elles interagissent : on crée ainsi des micro-climats et davantage de biodiversité. En variant les plantations et en pratiquant la rotation des cultures, elles sont également moins vulnérables face aux nuisibles.

Pour multiplier les cultures, vous pouvez installer un potager surélevé, ou pratiquer la culture sur buttes : en plus de gagner de la place au sol, on favorise l’effet de bordure. Vous pouvez également installer toutes sortes de treillages pour les arbres fruitiers palissés ou les grimpantes.

La gestion des ressources

Économiser du temps sur la gestion des ressources, c’est gagner en efficacité dans le travail du jardin. En ce sens, la phase d’observation et de conception du jardin va permettre d’identifier les ressources disponibles. On va ensuite chercher à la capter ou à la stocker pour l’utiliser selon nos besoins.

Baissière et récupération d’eau de pluie

Pour éviter les allers-retours incessants au robinet ou au jet d’eau, mieux vaut miser sur la récupération de l’eau de pluie, une ressource gratuite et inépuisable. Dans un premier temps, il s’agit d’estimer vos besoins en fonction de la surface à arroser. Pour vous donner un ordre d’idée, il faut environ 17 litres/m². Vous pouvez choisir entre des récupérateurs d’eau extérieurs, ou des cuves à enterrer.

Une autre façon de capter de l’eau : le sol ! En effet, il est possible d’utiliser les eaux de ruissellement emmagasinées dans les nappes phréatiques. Il s’agit de créer des rigoles, appelées baissières, qui permettront d’absorber les eaux de ruissellements. Les plantes, placées sur les talus, pourront s’abreuver même si la baissière est asséchée.

Pour en savoir plus, consultez notre article sur la gestion de l’eau en permaculture.

Compost, engrais verts et paillis

En permaculture, le travail du sol est différent du jardinage traditionnel. Pour ne pas détruire ou éradiquer la biodiversité présente dans le sol (micro-organismes, champignons, microfaune…), on ne retourne pas la terre. Le travail se fait en surface, avec des outils adaptés.

On cherchera plutôt à enrichir cette biodiversité et la composition de la terre, en couvrant le sol avec du compost ou des engrais verts. Il s’agit de plantes cultivées pour améliorer la fertilité et la structure du sol. Elles fournissent ainsi un apport d’azote, de phosphore ou de potassium, et leurs racines les fixent dans le sol. On appelle cette technique le « paillage » ou le « mulch ».

Pour vous aider dans l’aménagement de votre jardin en permaculture, n’hésitez pas à faire appel à un éco-paysagiste, spécialisé dans la conception de jardins écologiques.

Paysagiste en France : conseils en jardinage