Choisir ses arbres fruitiers en permaculture

Après avoir vu les associations des légumes dans le potager, intéressons-nous aux arbres fruitiers. Pour cuisiner toutes sortes de confitures ou de pâtisseries, les arbres fruitiers sont cultivés en fonction de nos goûts, mais pas seulement. Ils ont un rôle important à jouer au sein du jardin, et doivent être choisis avec soin.

Voici comment sélectionner vos arbres fruitiers pour votre verger en permaculture.

Les avantages du potager-verger

L’association du potager et du verger est un combo qui fait ses preuves. En observant les écosystèmes des forêts, on a constaté que les arbres et arbustes contribuent au bon développement des plantes plus basses : l’agroforesterie est née. Certaines études ont même prouvé que le rendement augmentait comparativement à une parcelle ou arbres et légumes étaient séparés !

Les avantages du potager-verger

Au fil des années, on peut observer de multiples bénéfices liés à la présence d’arbres :

• Ils apportent de l’ombre, notamment à certains légumes qui en ont besoin.
• Lorsque les feuilles ou les branches mortes tombent au pied des arbres, elles se décomposent et forment un paillis naturel. Elles nourrissent ainsi les plantes couvre-sol qui s’y trouvent.
• Le système racinaire a également un rôle à jouer : il stabilise, draine et enrichit le sol, favorisant le développement de micro-organismes.
• Grâce à leur forte floraison, certain arbres fruitiers attirent les insectes pollinisateurs. De manière générale, la présence d’arbres attire de nombreuses espèces, prédateurs et ravageurs confondus, offrant une biodiversité bien plus riche et une lutte biologique naturelle.

Tout cet écosystème sera parfaitement équilibré au bout de quelques années. Mais pour que cette symbiose fonctionne, il est impératif que tous les végétaux se touchent !

Un verger sur mon balcon ?

C’est possible ! La permaculture urbaine se développe de plus en plus puisque de nombreuses espèces peuvent se cultiver sur un balcon.

Les arbres fruitiers nains et colonnaires sont particulièrement adaptés : ils émettent une seule tige sur laquelle poussent les fruits. Il suffit de fixer un tuteur légèrement décalé par rapport au centre du pot avant de les installer. On y retrouve toutes les variétés comme l’abricotier, le pommier, le poirier, la nectarine, l’amandier et le prunier.

Adaptés à la culture en bacs, ils sont autofertiles, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas besoin d’une autre espèce pollinisatrice pour fructifier. C’est un arbuste très avantageux, qui nécessite peu d’entretien.

Comment choisir ses arbres fruitiers ?

Pour commencer, les différentes variétés devront être choisies en fonction de la place disponible. Mais la composition du verger est tout aussi importante, car la diversité des espèces permettra d’échelonner les récoltes tout au long de l’année. Il est donc recommandé de les varier le plus possible, tout organisant des rangées pour faciliter l’accès et l’entretien.

Les types de fruitiers

Il existe différents types et formes de fruitiers :

• Les arbres pollinisateurs : la plupart des fruitiers (exceptés les pêchers et abricotiers), ont besoin d’être pollinisés par d’autres variétés. On plante alors plusieurs fruitiers ensemble, pour favoriser une pollinisation dite « croisée » (souvent le cas des pommiers et poiriers).

• Les arbres de plein-vent : on y retrouve les arbres à haute tige, pouvant atteindre jusqu’à 7 m de hauteur, réservés aux grands espaces. Les arbres demi-tige sont plus petits (entre 1,20 et 5 m de haut) et désignent des arbres âgés de 3-4 ans minimum. Ils sont formés à partir d’un scion ou d’un double-greffage. Enfin, les arbres à basse-tige mesurent environ 50 cm de haut. Ils poussent tous sur un porte-greffe. Plus la tige est haute, plus vous devrez patienter avant de récolter des fruits !

• Les arbustes et arbrisseaux fruitiers,
• Les lianes ou grimpantes fruitières : il s’agit d’espèces comme la vigne ou le kiwi, qui fructifient généreusement.

Il est important d’opter pour des variétés locales, adaptées au climat du territoire. Nous vous conseillons de goûter les fruits de différents producteurs locaux. Les associations de préservation des variétés anciennes, présentes partout en France, sont également de bon conseil et proposent parfois de jeunes plants greffés. Enfin, les pépiniéristes locaux pourront vous aider à sélectionner les espèces les plus adaptées à votre type de sol.

Quelques conseils de plantation

En partant du principe du zonage en permaculture, on cultive les arbres de plein-vent en strate haute : abricotier, amandier, cerisier, châtaigner, cognassier, poiriers en tige, pommiers en tige, pruniers… On privilégiera alors les arbres à racines nues, à l’ancrage solide. Il est toutefois vivement conseillé de procéder au « pralinage » des racines pour une meilleure reprise dans la terre. Pour les espèces à pépins ou à noyaux, il faut savoir que la plupart ne peuvent être reproduites que par greffage.

La plupart des arbres fruitiers achetés en pépinières sont déjà formés en basse, demi ou haute tige ; toutefois, leur reprise est plus délicate. Il est donc judicieux d’investir dans des scions, des jeunes arbres âgés d’un an ne présentant d’une seule tige. Il faudra alors assurer la taille de formation, qui déterminera sa hauteur, sa forme, sa vitalité et sa rentabilité.

En strate moyenne ou intermédiaire, on retrouve les framboisiers, groseilliers, agrumes, arbustes et arbrisseaux à petits fruits. Enfin, les plantes couvre-sol comme les fraisiers se cultivent en strate basse, comme les fraisiers, le melon, la rhubarbe…

Et pour joindre l’utile à l’agréable, pensez à la haie fruitière ! Composée d’arbres fruitiers et d’arbustes à petits fruits, cette jolie clôture végétale joue un rôle décoratif, tout en servant de barrière naturelle protectrice pour vos plantations.

N’hésitez pas à faire appel à un pépiniériste professionnel, qui saura vous conseiller en fonction de votre projet. Pour aller plus loin, découvrez comment aménager votre potager-verger.

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